Guide des consommateurs jardin 2025

88 L'AVIS DE NOTRE EXPERT CGJ Si la jardinerie et plus généralement les sites qui vendent du végétal ont fortement et rapidement évolué, il reste encore malgré tout du chemin à parcourir pour tenter de se mettre au niveau des sites marchands de la GSA, de la GSB ou des pure-players. Ce qu’il manque dans la grande majorité des sites d’e-commerce distributeurs de végétaux : • Des vidéos mettant en avant la plantation du végétal, son entretien, (sa taille, par exemple) et ses dimensions à maturité. Effectivement quand elles existent, le lien avec le végétal n’est pas directement possible, il faut retourner sur une page dédiée aux vidéos. • La possibilité au sein du site de comparer différents végétaux. Par exemple, les sites liés aux enseignes d’électroménager permettent cela. Vous pouvez aisément comparer 3 à 5 aspirateurs grâce à un tableau de type Excel dans lequel vous retrouvez les caractéristiques des produits ainsi que leur prix de vente. Sur la grande majorité des sites qui commercialisent des végétaux, cette option n’existe pas, alors qu’elle présente un véritable intérêt. Si, par exemple, le consommateur veut acquérir un arbuste à fleurs il pourrait être intéressant d’avoir ce tableau comparatif plutôt que d’aller ouvrir toutes les fiches correspondant à ce type de végétal, afin de visualiser d’un seul coup d’œil, la couleur, la période floraison, la taille à maturité, le prix, etc. • Le développement de marketplace qui permet d’élargir l’offre. À ce jour l’enseigne TRUFFAUT propose cette option. Cela nécessite bien sûr de valider et de contrôler les autres marchands afin qu’ils ne nuisent pas à l’image de l’enseigne mais cela permet surtout d’élargir encore et toujours la proposition commerciale du site. • Le contact avec un vendeur, soit par chat, soit en visio. Sur la plupart des sites il est possible de laisser un message ou de poser une question, en revanche il n’y a pas la possibilité de dialoguer en direct avec un vendeur. • Les avis clients vérifiés ou leurs conseils. • Une rubrique inspirations qui permettrait d’associer différents végétaux. • Un outil de conception du jardin, argument très utilisé par les cuisinistes. Le plan de jardin non professionnel à la mode de chez soi ! Évidemment, les propositions que nous faisons ci-dessus si elles sont appliquées, même en partie, nécessitent de gros investissements qui dans une période dans laquelle depuis 2 années le marché du jardin est à la peine seront difficiles à budgéter. Mais la question essentielle à laquelle les enseignes de Jardineries devront répondre, c’est quel est l’objectif à réaliser en e-commerce ? Dans le chiffre d’affaires total quel est le bon ratio entre celui réalisé en magasin physique et celui réalisé en ligne ? De la réponse à cette question découlera le fait de savoir si les investissements de demain devront être consacrés plutôt dans le point de vente physique ou plutôt dans l’e-commerce ? Il paraît difficile d’investir dans les deux circuits en même temps dans ces périodes compliquées pour le monde du jardin. Bien sûr, encore aujourd’hui le poids du CA en végétal réalisé sur les sites des enseignes de jardineries, des pure-players ou des producteurs est encore assez modeste. Mais quid du futur ? Le pari sur l’avenir en tenant compte de l’arrivée de générations plus jeunes, et de l’évolution des technologies est de savoir si ce chiffre d’affaires peut évoluer un peu, beaucoup, énormément ou pas du tout ? Malgré tout, la nécessité d’avoir un site marchand lié à une enseigne ou à un producteur ne se pose plus, ce qui est même évident comme l’indique Arnaud DELBARD dans son interview (à retrouver page 90) « Je suis, par contre, sûr que l’Omnicanalité est incontournable et obligatoire. Peu importe la forme que prendra le commerce, il faudra respecter les bases. Les bases c’est : le bon produit, au bon moment, au bon prix et surtout avec un bon service. Peu importe le mode de distribution : physique, marché ou internet ou tout cela à la fois… ». Les jardineries tout comme les producteurs sont actuellement à la croisée des chemins. Avec une question à laquelle ils devront très rapidement répondre. Dans quel domaine faut-il investir : Le magasin physique ? La production ? Le site marchand ? La réponse à cette question est d’autant plus ardue pour les jardineries qu’elles se retrouvent face à deux types de spécialistes que sont les pure-players en végétal et les producteurs, qui semblent tous les deux avoir bien l’intention de poursuivre leur développement sur Internet. Si c’est trois intervenants aujourd’hui cohabitent, qu’en sera-t-il demain, et la jardinerie peut-elle perdre sa place de « Spécialiste du végétal » au profit de l’un ou l’autre des deux autres acteurs ? Pierre Hervet

RkJQdWJsaXNoZXIy MTEyMTU=