Micro-retraite au jardin ?
La micro-retraite et le travail dans le jardin sont deux sujets qui semblent éloignés. Et pourtant, ils se croisent de plus en plus souvent dans les discussions. La Gen Z, mais aussi de nombreux actifs des générations Y et X, ne se projettent plus dans une carrière linéaire. Ils préfèrent travailler par cycles, avec des pauses choisies. Voilà un nouveau challenge en approche pour les décideurs du jardin et de l’animal …
Micro-retraite, comprendre le phénomène
La micro-retraite, ce n’est pas une démission déguisée. C’est une pause volontaire, intégrée dans un parcours professionnel. Quelques mois, parfois un an, pour se ressourcer, se former, voyager, ou simplement ralentir. Ce choix est particulièrement visible chez la Gen Z, mais il gagne du terrain chez les millennials et même chez certains quadras. Nous voilà beaux !
Ce qui change, ce n’est pas l’envie de travailler, c’est la façon d’organiser le temps. Le modèle “on donne tout maintenant, on verra plus tard” ne fait plus rêver. Avec cette micro-retraite, particulièrement dans le jardin, on peut se poser des questions. Et la première, c’est de savoir si nos entreprises sont prêtes à accueillir des parcours moins linéaires ? Voir simplement à comprendre les motivations de ces retraités précoces !
Travailler autrement, pas travailler moins…
Les générations précédentes ont aussi questionné le travail, mais différemment. Les boomers cherchaient la stabilité. Les X l’équilibre. Les Y le sens. La Gen Z, elle, cherche le rythme juste. Elle ne veut pas quitter le travail, elle veut le rendre compatible avec une vie pleine.
Ce mouvement ne parle pas de flemme, mais d’usure. Il parle de santé mentale, d’énergie, de longévité professionnelle. Et au fond, c’est une question que beaucoup de professionnels du jardin se posent aussi, même s’ils ne l’expriment pas encore ainsi.
Le « travailler à tout prix » commence à trouver ses limites.
Est-ce compatible avec les métiers du vivant ?
À première vue, le jardin semble peu compatible avec les pauses. C’est un métier de saisons, de présence, de continuité. Mais en y regardant de plus près, nos métiers savent déjà travailler par cycles. Nous sommes déjà des saisonniers dans l’âme avec un pic très fort au printemps.
Former quelqu’un, le voir partir, puis revenir avec de nouvelles compétences, est-ce si absurde ? Le jardin est un métier d’apprentissage permanent. Et il crée souvent un attachement fort. La micro-retraite et le travail dans le jardin pourraient finalement mieux s’entendre qu’on ne le croit, à condition d’accepter des parcours moins rigides. Là, c’est plus dur, nous allons devoir laisser de coté le choc des générations…
Et si la liberté devenait un levier de fidélisation ?
Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, perdre un salarié formé est un vrai coût. Le voir partir en pause, mais revenir, est peut-être une autre façon de penser la fidélité.
Certaines entreprises commencent à tester des formats souples. Elles proposent des contrats saisonniers élargis, des retours programmés. On peut aussi trouver des postes évolutifs, des parcours “à étapes”. Ce n’est pas de l’angélisme, c’est de l’adaptation. Et l’adaptation, nos métiers savent faire depuis toujours. En plus, nous allons devoir trouver des petits jeunes pour arroser les plantes… alors…
Se préparer à ces nouveaux salariés
La micro-retraite ne sera pas la norme pour tous. Mais elle est un signal. Celui d’un rapport au travail qui change. Nos entreprises de jardin et d’animalerie ne pourront pas tout absorber, mais elles devront réfléchir à plus de souplesse, plus de dialogue, plus de confiance.
Plutôt que de rejeter en bloc ces nouvelles pratiques, peut-être devrons-nous nous adapter. Dans tous les cas il va bien falloir construire des équipes durables dans un monde qui ne l’est plus vraiment ? La réponse ne sera pas unique. Mais elle mérite d’être travaillée… avant de nous être imposée. En attendant, vivement la retraite, la vraie 🥴!
Président de Promojardin Promanimal



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