L’avis des jardiniers amateurs …
Les jardiniers amateurs évoluent. Leurs attentes changent, leurs pratiques aussi. Mais en observant ces transformations, une question simple se pose, sommes-nous encore vraiment en phase avec eux ?
Jardiniers amateurs… Qui sont-ils ?
Quand on parle des jardiniers amateurs, on imagine souvent un profil assez classique. Et pourtant, les choses bougent. Selon l’étude BVA pour SEMAE, 7 Français sur 10 jardinent au moins occasionnellement. C’est énorme. Cela veut dire que le jardin n’est plus une niche, mais une pratique largement ancrée dans le quotidien. Bon, prudence quand même, cela ne signifie pas expertise et maitrise du sujet ! Au contraire, une grande partie de ces jardiniers se considère encore comme débutante ou peu expérimentée. Voilà peut-être le premier décalage à regarder de près. Nous avons en face de nous des clients nombreux, motivés… mais pas toujours à l’aise. Et ça, forcément, ça change beaucoup de choses en magasin. On revient encore et toujours à parler d’accompagnement et de conseil !
Une pratique plaisir avant tout
Ce qui ressort fortement de cette étude, c’est que le jardin est avant tout associé au plaisir. 88 % des jardiniers évoquent un moment de bien-être et de détente. On n’est plus uniquement dans la performance ou la production. Le jardin devient un espace pour souffler, ralentir, se reconnecter à quelque chose de simple. Et ça, c’est une évolution majeure. Derrière ce mode de fonctionnement cool, les attentes changent aussi. On ne vient plus forcément en jardinerie chercher uniquement un produit. On vient chercher une expérience, un moment, parfois même une forme de réassurance. C’est un peu bâtard comme situation… Nous avons des points de vente pour…vendre, c’est logique ! Et nous devrions les organiser pour… conseiller ? Et qui paye les conseillers ? Y’a un moment, faut de la vente, donc de la marge pour générer éventuellement du conseil. Pas facile !

Des attentes fortes… et floues !
Autre élément intéressant, les jardiniers amateurs veulent bien faire. Près de 6 sur 10 déclarent vouloir jardiner de manière plus respectueuse de l’environnement. Mais dans les faits, ils ne savent pas toujours comment s’y prendre. Entre les discours, les labels, les solutions proposées, il y a parfois un peu de confusion. Et c’est là que le rôle du point de vente devient clé. Pas pour compliquer les choses, mais pour les simplifier. Finalement, la vraie question n’est peut-être pas de proposer plus de produits… mais de mieux expliquer ceux qui existent déjà. Est-ce que l’on prend suffisamment le temps de rendre les choses accessibles ? Est-ce que le client repart avec une solution claire ?
Plutôt que de parler d’innovation, nous devrions parler de simplification…
Le poids du conseil…
Ce que montre aussi cette étude, c’est l’importance du conseil. Les jardiniers amateurs recherchent de l’accompagnement. Pas forcément un discours technique, mais quelque chose de simple, concret, applicable. Aïe ! Le sujet est récurrent et aussi sensible pour la profession. Parce que ce n’est pas en changeant les rayons ou en ajoutant une référence de plus que l’on répond à cette attente. C’est en travaillant sur l’humain. Sur la capacité des équipes à accueillir, écouter, orienter. Finalement, améliorer l’expérience client passe peut-être plus par la formation des équipes que par la transformation des magasins. C’est moins spectaculaire… mais souvent beaucoup plus efficace.
Sinon, y’a les influenceurs sur les réseaux, les bornes interactives, les fiches produit sur le site du magasin… OK, mais le jardinier amateur a besoin des deux. Si mon pépiniériste ou ma conseillère en serre valide mes recherches sur les réseaux, me voilà complètement rassuré !
Des clients exigeants
Le fait que 70 % des Français jardinent est une opportunité énorme. Mais cela crée aussi une exigence. Ces « jardiniers » ne sont pas captifs. Ils comparent, ils testent, ils apprennent. Et surtout, ils attendent de la cohérence. Entre ce qu’on leur dit, ce qu’ils lisent, ce qu’ils regardent sur les réseaux et ce qu’ils vivent en magasin. Si l’on met en avant le naturel, le durable, le local… encore faut-il que cela se retrouve concrètement dans l’offre et dans le discours. Sinon, le doute s’installe. Et aujourd’hui, un client qui doute est un client qui hésite… et parfois qui renonce.
Notre boulot, en plus, c’est de les rassurer… Donc, de leur parler. Prendre le temps de dialoguer avec les clients, c’est une vraie organisation, de plus en plus compliquée à mettre en place !

Et si tout partait du client ?
Quand on relie tous ces éléments, une idée assez simple ressort. Les jardiniers amateurs ne demandent pas forcément plus. Ils demandent mieux. Mieux comprendre, mieux choisir, mieux réussir. C’est d’ailleurs tout l’enjeu pour nos magasins. Qu’ils soient petits ou gros, qu’ils soient très branchés végétal ou plutôt orientés produit, nous avons intérêt à repenser les parcours. Comment simplifier les messages, comment valoriser le conseil, comment rendre plus visible l’expertise ? Pas besoin de révolutionner nos bouclards ! C’est un sujet qui devient de plus en plus d’actualité et qui s’amplifie au fil du temps. Finalement, la question est assez directe, sommes-nous organisés autour de nos produits… ou autour de nos clients ? Parce que la réponse, elle est peut-être là.



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