Solitude sociale ?
La solitude sociale progresse. On échange de moins en moins de mots chaque jour. Parlons-en… Et dans tout cela, nos métiers du jardin et de l’animal pourraient peut-être retrouver un rôle bien plus humain qu’on ne l’imagine.
Solitude sociale
Une étude américaine publiée par les chercheurs de l’Université d’Arizona et de l’Université du Missouri nous ont pondu une étude « sympa ». Voilà le topo, en quinze ans, nous aurions perdu environ un quart des mots échangés chaque jour. Merde alors !
En 2005, un adulte prononçait en moyenne autour de 16 000 mots par jour. En 2019, on serait tombé à environ 12 000 à 13 000 mots. Zt pourtant, y’en a toujours qui parle trop 🤣 !
On pourrait se dire, “tiens, ça fera moins d’enguelades !”. Sauf qu’en réalité, cette baisse se retrouve dans le quotidien…
Derrière ces milliers de mots disparus, ce sont surtout des petits échanges qui s’effacent doucement. La discussion avec le voisin, le vendeur, la caissière, le passant… Bref, toute cette petite mécanique sociale qu’on ne voyait même plus tellement elle faisait partie du décor.
Une société qui échange moins
Ce qui est intéressant dans cette étude, c’est que les chercheurs ne parlent pas (si je puis dire…) d’un effondrement brutal de la communication. Ils décrivent plutôt une lente érosion.
Les échanges ne disparaissent pas d’un coup. Ils se remplacent.
On commande sur une borne, c’est autant de mots en moins avec le vendeur… Pareil à la caisse automatique. Et nous avons pris l’habitude d’envoyer un message plutôt que d’appeler… là aussi ça fait des mots en moins ! Même le GPS nous évite parfois de demander notre chemin.
Finalement, la technologie ne supprime pas totalement le lien humain… mais elle réduit tous ces petits moments de parole sans qu’on y pense vraiment.
Et quand on additionne tout ça sur quinze ans, on finit par comprendre pourquoi la notion de solitude sociale revient autant dans les études sur le bien-être et la santé mentale.

Carrefour la ville du bois
Pourquoi nous nous parlons moins ?
Les réseaux sociaux prennent souvent la première place dans le box des accusés. C’est pratique, d’ailleurs, mais ils ne sont pas les seuls !
Bien-sûr, les écrans ont changé nos habitudes. Le smartphone a parfois remplacé la conversation, on préfère TikTok à son voisin de palier…
Mais ce n’est probablement qu’une partie du problème.
Le télétravail, la disparition de certains commerces de proximité, les rythmes de vie plus rapides, les services automatisés… tout cela joue aussi.
Et puis il y a notre habitude de tout optimiser pour gagner du temps. Ca marche pour les temps de trajet, les courses, les échanges avec les voisins… Résultat, on gagne parfois quelques minutes… mais on perd un peu de spontanéité.
Le paradoxe est assez fou car nous sommes ultra-connectés, mais nous avons parfois du mal à simplement discuter cinq minutes avec quelqu’un.
Les réseaux sociaux ?
Évidemment, quand on parle de baisse des échanges, les réseaux sociaux arrivent tout de suite dans la discussion. Et il y a sûrement une part de vérité. On échange énormément derrière un écran, mais souvent avec des phrases courtes, des réactions rapides, des emojis ou des messages qui remplacent peu à peu les vraies discussions.
Pour autant, accuser uniquement Instagram, TikTok ou Facebook serait un peu facile. Les réseaux sociaux créent aussi du lien, permettent à des passionnés de jardin ou d’animaux de se retrouver, d’échanger des conseils, de partager des expériences.
Le problème vient peut-être davantage du remplacement progressif du réel par le pratique. On “contacte” plus qu’on ne parle vraiment. Et sur les réseaux en particulier, nous avons des réactions, mais pas des discussions !
A force de vivre dans des échanges rapides et fragmentés, on finit parfois par perdre l’habitude des conversations simples et improvisées… celles qui faisaient autrefois le sel de notre quotidien.
Et demain ?
La question devient intéressante pour l’avenir.
Parce qu’à force de réduire les interactions, on finit peut-être par modifier notre rapport aux autres.
Les chercheurs parlent déjà d’impact sur la santé mentale, rien que ça !!! Nous arrivons tout droit sur le sentiment d’isolement, sur l’anxiété sociale. C’est vrai qu’on y fait pas gaffe, mais si on regarde attentivement, on sent bien que quelque chose bouge… Ou bouge moins !
Les gens cherchent du lien. Pas forcément de grandes conversations philosophiques… mais des échanges simples, sincères, humains.
Et là, les copains, on a peut-être un coup à jouer… Le jardin, l’animal ou même certaines passions manuelles reprennent de la valeur.
He ben oui, ces petites passions, mine de rien, elles créent naturellement du dialogue. Un chien, un rosier ou un potager, ça donne toujours une bonne excuse pour parler à quelqu’un.

Animalis Villeneuve d’Asq
Le jardin et l’animal
On le dit depuis des lustres, nos métiers dépassent peut-être un peu le simple commerce.
Quand quelqu’un vient demander pourquoi son citronnier perd ses feuilles ou comment calmer un chien anxieux, il ne vient pas seulement acheter un produit. Il vient aussi chercher une écoute, un échange, parfois même un peu de réassurance.
Bon, c’est vrai, ce côté psy que doivent endosser quelques fois les équipes de vente, ca peut les gaver… Mais ça devient une force et un vrai argument pour venir chez nous !
Et ça, aucun écran ne le remplacera totalement.
Dans un monde où la solitude sociale progresse doucement, les jardineries et les animaleries pourraient redevenir des lieux de parole et de rencontre. On va pas aller jusqu’à se proposer comme des centres thérapeutiques, évidemment… Mais si nous pouvions rester des endroits humains, vivants, où l’on prend encore le temps de discuter, ça serait le top. Est-ce que mes propos sont crédibles ??? Avons-nous encore le temps de concilier commerce et discussion avec le client ???
Pourtant, le jardin et l’animal ont toujours créé du lien. Peut-être que demain, cette fonction-là deviendra presque aussi importante que le produit lui-même ?



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