Planter des arbres pour le climat
Planter des arbres pour le climat, on en reparle sérieusement depuis cet été. Entre les 40°C à répétition et les rivières à sec, l’arbre devient une évidence. Et sa plantation doit commencer dès l’automne… Au boulot !
Planter des arbres pour le climat, une évidence scientifique
Commençons par les chiffres, parce que ca nous permet de se mouiller un peu, si j’ose dire. Selon Météo-France, avec +2,7°C d’ici 2050, les vagues de chaleur pourraient s’étaler sur tout l’été. Avec +4°C en 2100, elles dureraient jusqu’à deux mois sans interruption. Et le nombre de jours de canicule serait multiplié par 10 par rapport aux années 1980-2000. Ca calme !!!
Face à ça, l’arbre n’est pas juste un gadget déco ou une ligne dans un catalogue. Il devient LA solution. Une étude parue dans Nature Communications, menée sur 293 villes européennes par imagerie satellite, a mesuré une baisse de température. Concrètement c’est 8 à 12°C en moins en Europe centrale et de l’Ouest dans les zones couvertes d’arbres. En zone méditerranéenne, c’est seulement entre 0 à 4 °C de baisse. Autrement dit, un arbre, ce n’est pas juste joli, c’est un climatiseur gratuit qui fonctionne 24h/24.
Ils l’ont fait, seuls ou à plusieurs
Et nous avons des exemples pour nous prouver que c’est faisable, c’t’histoire ! Il y a d’abord ceux qui ont anticipé, bien avant que le sujet ne fasse la une. En Inde, Jadav Payeng a planté une forêt entière, tout seul, pendant plus de 30 ans, sur un banc de sable nu du fleuve Brahmapoutre. Aujourd’hui, la forêt de Molai couvre 550 hectares, plus grande que Central Park. Elle abrite des tigres du Bengale, des rhinocéros et un troupeau d’une centaine d’éléphants qui y revient chaque année. Pas mal ???
Au Kenya, c’est un collectif de femmes qui a fait le boulot. Wangari Maathai a fondé le Green Belt Movement en 1977. Elles ont planté plus de 51 millions d’arbres depuis Elles sont des centaines de milliers de femmes à avoir joué le jeu, via plus de 5 000 pépinières locales. Wangari a reçu le prix Nobel de la paix en 2004, excusez du peu !
Plus près de nous, à Todmorden, petite ville près de Manchester, une poignée d’habitants a lancé en 2008 le mouvement « Incredible Edible ». Ils ont décidé de planter des arbres fruitiers et des légumes librement dans l’espace public, sans budget ni autorisation. L’idée a essaimé dans plus de 700 communautés à travers le monde. Preuve qu’on n’a pas besoin d’être un État pour changer les choses.
Et justement, côté État, la Chine joue dans une autre catégorie. Plus de 66 milliards d’arbres plantés depuis 1978 dans le cadre de sa « Grande Muraille Verte ». Et ausi plus de 70 millions d’hectares de forêts restaurées depuis 1999. Le résultat mesuré nous donne jusqu’à 1 à 2°C de moins l’été dans les zones les plus reboisées, et moins de tempêtes de sable sur Pékin.

Et notre métier, dans tout ça ?
D’un homme seul avec sa pelle à un État qui plante par milliards, la conclusion est la même. Si on se met à planter des arbres pour le climat, ça marche, à toutes les échelles. Nous, professionnels du végétal, nous sommes directement concernés. Ça devrait nous pousser à remettre l’arbre au centre de nos rayons, de nos conseils et de notre communication. Il n’est plus un vulgaire produit, il est une vraie réponse à ce qui nous attend.
Considérons-le comme un article de luxe, avec un certificat d’adoption, une garantie conseil pour la plantation et un livret qui explique tout son intérêt.
Concrètement, ça veut peut-être dire aussi de renouveler notre offre d’arbres et d’arbustes adaptés à la sécheresse et mieux l’expliquer en magasin. Il n’est plus un simple élément de déco de jardin. Une chose est sûre, si un seul homme a réussi à faire pousser une forêt de 550 hectares à la force du poignet, on devrait pouvoir, nous tous, faire notre part. L’interprofession, la distribution, les producteurs, les associations de jardinage… Nous avons là un sujet rassembleur… Sommes-nous prêts à en parler au salon du végétal ?



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