Ce que les Français attendent du végétal

Le blog des pros, Non classifié(e)

Ce que les Français attendent du végétal, nous avons voulu le savoir avec des chiffres plutôt qu’avec des intuitions. Alors avec Promojardin Promanimal, et les Echos Etudes, nous avons interrogé près de 2 556 Français en trois vagues. Et jeudi dernier, au Salon du Végétal à Angers, j’ai eu la chance d’en débattre en table ronde avec Michael Moal (Kérisnel) et Corentin Mercier (Promesse de Fleurs).

Ce que les Français attendent du végétal

On commence par l’évidence, mais elle mérite d’être chiffrée. 63% des Français installent des plantes chez eux d’abord pour embellir leur intérieur ou leur extérieur. Faut que ca claque ! Loin derrière, mais pas absentes, il y a se détendre et réduire son stress (38%). Ensuite, un peu proche, c’est se rapprocher de la nature (37%). Pour le potager, cultiver ses propres fruits, légumes et aromates (34%) c’est un peu à la traine. Rien de très surprenant… sauf quand on regarde par tranche d’âge. Chez les 18-24 ans, l’amélioration de la qualité de l’air grimpe à 37%, contre seulement 10% chez les plus de 50 ans. Comme si les jeunes générations, plus exposées au discours climatique, cherchaient déjà autre chose que le joli pot sur le balcon. Tant mieux !!!

Le végétal reste, et restera, un plaisir esthétique et sensoriel ! Ça, c’est acquis ! Mais il porte aussi, de plus en plus tôt dans la vie des gens, une promesse de mieux-être. À nous de le dire clairement, sans en faire un argument marketing trop creux. Pas simple !

Accessible, résistant …

Le frein n°1 à plus de végétal chez soi, c’est le prix… Quelle surprise 🤪.

43% des Français le citent en premier. Suivent des plantes plus résistantes (34%) et plus faciles à entretenir (26%). Et ça se confirme dans les tendances qui séduisent. Les plantes faciles d’entretien arrivent largement en tête, à 45%, devant le potager à domicile et les fleurs locales ou de saison (31% chacun). Là encore, l’âge change la donne. 55% des 65 ans et plus recherchent la facilité d’entretien, contre 25% seulement chez les 18-24 ans. Faut-il en conclure que les jeunes sont prêts à s’investir davantage dans leurs plantes ? Peut-être… ou alors ils n’ont tout simplement pas encore le budget ni l’expérience pour se lancer dans plus compliqué. Dans les deux cas, le message est clair pour toute la filière, du producteur au point de vente. La simplicité n’est plus un argument accessoire, c’est une condition d’entrée. Et le prix reste, comme souvent, le premier mur à faire tomber.

Le local ET le conseil

Ce que les français attendent du végétal… aussi, c’est du local !

68% des Français jugent important que leurs végétaux soient d’origine locale, dont 21% qui le jugent même « très important ». Un attachement réel, mais qui reste largement théorique. Seuls 19% ont déjà acheté directement chez un producteur. Pourquoi donc un seul sondé sur cinq franchit le pas ? D’abord pour la qualité (18%), puis pour soutenir l’économie locale (17%). Mais bon, ils pensent aussi aux résultats… Et ils voient aussi la garantie d’une production locale (15%) ou un meilleur rapport qualité-prix (15%). L’achat direct ne se suffit pas à lui-même. Ce que les gens attendent en plus, ce sont des conseils d’entretien après l’acquisition (33%) et des informations détaillées sur l’origine et les caractéristiques des plantes (32%). Autrement dit, le producteur n’est pas qu’un point de vente, il devient un interlocuteur de confiance. C’est sans doute là que se joue la différence avec la distrib’ classique ? Du moins dans la tête des jardiniers. Accompagner l’acheteur après la caisse, c’est une nécessité pour les accros du végétal ! Alors sommes-nous tous organisés pour tenir cette promesse de conseil ? Cette question revient tellement souvent… La disponibilité des conseillers pendant et après l’achat… Un véritable serpent de mer qui revient au fil des enquêtes… depuis un bon bout de temps !

Le jardin ne suffit plus, il faut sortir dans la rue

Le résultat le plus marquant de cette table ronde ! 61% des Français veulent davantage de végétal dans les rues et les espaces publics, devant les zones commerciales et les parkings (37%) et les écoles (34%). Les jardins privés, eux, ne recueillent que 17% des réponses. Le désir de nature dépasse la sphère privée. Et cette attente grimpe encore avec l’âge. Plus de 70% des plus de 50 ans la partagent, contre 46% chez les 18-24 ans. On a longtemps pensé « jardin privé » et « point de vente » comme le cœur de notre activité. Mais si les Français attendent d’abord du végétal dans l’espace commun, avons-nous le bon modèle économique pour y répondre ? Collectivités, bailleurs, aménageurs, entreprises, paysagistes… Ce sont peut-être eux, demain, les vrais clients de la filière du végétal, bien plus que le particulier avec son arrosoir et ses géraniums ?

Le végétal, une réponse au climat

Dernier chiffre, et pas des moindres. Pour 47% des Français, la principale utilité du végétal dans dix ans sera de lutter contre le changement climatique. Bon, le sondage a été fit en pleine canicule… Ceci peut expliquer cela. Et c’est loin devant la préservation de la biodiversité (17%), le bien-être (14%) ou le cadre de vie urbain (14%). 36% attendent en priorité des végétaux plus résistants à la sécheresse et aux aléas climatiques, devant la végétalisation des villes (24%). Du végétal plaisir au végétal solution, c’est ce qui ressort de l’enquête et de nos échanges jeudi à Angers. Les Français attendent du végétal autre chose que de la déco. Ils veulent une réponse concrète à des enjeux qui les dépassent individuellement.

Encore un truc ! Merci à Michael Moal et Corentin Mercier. On n’a pas encore trouvé la recette miracle, mais bon, on avance, on avance !

Roland Motte… Jardinier !

Président de Promojardin Promanimal

0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N’hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *