Salon du Végétal
Le Salon du Végétal, du 15 au 17 septembre à Angers. Trois jours pour toute la filière, et une occasion en or de faire le point. Production, concurrence, prix, chaleur, envie d’achat qui vacille… il y a de quoi remplir un roman…
Le Salon du Végétal
Cette année, avec Promojardin Promanimal, on organise une table ronde le 17 septembre, en clôture du salon. Autour de ladite table, il y aura Pascal Griot, le patron de Promesse de Fleurs, Michael Moal, président de la Sica Kerisnel, et moi-même, Roland Motte pour les intimes 🤓. Le sujet, c’est le végétal au cœur du marché jardin. On y présentera un baromètre mené auprès de trois mille personnes, neuf questions posées sur leur rapport au végétal. Je ne vais pas tout vous raconter… dans le détail. Pour avoir toutes les infos, venez donc nous retrouver chez Promojardin Promanimal !
Le Salon du Végétal représente une filière qui pèse lourd. Et combien je vous prie ? Le dernier bilan FranceAgriMer publié nous indique que la filière compte 47 000 entreprises, 205 000 emplois et 16 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ce salon, c’est un des rares moments où toute la chaîne se retrouve au même endroit, pépiniéristes, horticulteurs, distributeurs, paysagistes, pour se poser souvent les mêmes questions. Le végétal garde-t-il sa place dans le quotidien des Français ? Produisons-nous encore assez, ici, chez nous ? Est-ce qu’on peut continuer à vendre au même prix avec les mêmes coûts ? Trois jours, ça ne suffira sûrement pas à tout régler. Mais bon, on trouvera peut-être deux ou trois pistes…
Production, chaleur, disponibilité…
Commençons par le plus concret. Produire, aujourd’hui, ce n’est plus produire comme avant. Cet été encore, les canicules à répétition ont mis à mal des cultures qu’on pensait pourtant relativement cool. Chez les producteurs (et chez les particuliers), même les tomates sous serre étaient à la peine, avec des chutes de volume à la clé. Alors imaginez pour les horticulteurs. Des jeunes plants qui n’ont ni les racines ni l’ombre pour encaisser 40°C plusieurs jours d’affilée. Il faut arroser plus, surveiller plus, et parfois recommencer un semis entier parce que le premier n’a pas tenu.
Météo-France est claire là-dessus. On attend +2,7°C d’ici 2050, et les vagues de chaleur pourraient s’étaler sur tout l’été. Le nombre de jours de canicule serait même multiplié par 10 par rapport aux années 1980-2000. Tu vois le big Bazard ??? Pour nous, ça veut dire des cycles de production perturbés, et de l’irrigation à surveiller de très près. Ça veut dire aussi des gammes qui se réduisent, tout simplement parce que certains végétaux ne supportent plus nos étés. Résultat sur le terrain, certaines variétés manquent au bon moment. Le magasin se retrouve avec un rayon incomplet en pleine saison, alors même que le client, lui, est là et prêt à acheter. La disponibilité devient un sujet aussi sérieux que le prix. Est-ce qu’on a encore le choix de produire les mêmes variétés, aux mêmes dates, qu’il y a vingt ans ? Y’a d’la question dans l’air… Y’a du doute dans les chaumières !

Concurrence européenne et prix
Et pendant qu’on compose avec le climat, la concurrence, elle, ne fait pas de pause. La France reste 13e exportateur mondial de végétaux et fleurs, et 5e importateur. Sur la dernière année détaillée, on a importé pour 1,08 milliard d’euros et exporté pour 102 millions. Le déficit commercial atteint 981 millions d’euros, quand même 69 millions de mieux que l’année précédente. On a vu pire, mais on est loin de l’équilibre.
Les Pays-Bas totalisent à eux seuls 62 % des exportations mondiales de végétaux. Chez nous, ça se traduit très concrètement. 77 % de nos bulbes importés, 82 % de nos fleurs coupées, 62 % de nos plantes d’intérieur viennent de là-bas. Malheureusement, nous n’avons pas ce type de production en face, ceci explique aussi cela !
Pendant ce temps, dans les pépinières, nos coûts de production, eux, montent avec l’énergie, l’eau, la main-d’œuvre… Ça pousse forcément vers des gammes resserrées. Autant produire ce qui marche plutôt que tout produire un peu. C’est logique, surtout quand ça devient compliqué ! Bon, par contre, on risque d’avoir des entreprises en difficulté, et les plumes risquent de voler.
Le végétal encore une priorité d’achat ?
Voilà la question qui fâche un peu. Le marché du jardin pèse plus de 8 milliards d’euros en 2025, quasiment stable (-0,3 %). Sauf que dans le détail, les achats de végétaux, eux, reculent. On tombe à -2 % en volume et -3 % en valeur par rapport à 2023. En 2024, 70 % des foyers français ont quand même acheté au moins une plante dans l’année, mais ce chiffre stagne. La tendance de fond, depuis plusieurs années, c’est plutôt la baisse.
Une étude Kantar menée en juin 2025 pour Val’Hor et FranceAgriMer donne quelques pistes. Les Français qui ont réduit leurs achats citent une durée de vie jugée trop courte, l’entretien perçu comme une corvée, et la difficulté à gérer maladies et parasites. Ben oui, c’est vivant et donc… ça choppe des maladies, ça a besoin de manger, de boire… ça meurt… Le végétal n’est donc pas un bibelot ! Quand ils achètent quand même, trois critères pèsent avant tout, l’esthétique d’abord, le budget ensuite, et la durée de vie. Le fleuriste est jugé plus compétent, mais son prix est vu comme trop élevé. La jardinerie, elle, s’en sort mieux sur le rapport qualité-prix. Les champions pour le prix, ces sont les hypers avec une gamme mini mini. Pendant ce temps, la déco extérieure grimpe de 4,4 % et le loisir de plein air de 3,8 %. L’essentiel n’est pas remis en cause, les Français tiennent à leur jardin. La présence de végétal continue même de leur procurer bien-être et sérénité. Mais est-ce que le végétal, à l’intérieur de ce jardin, garde vraiment la même place qu’avant ? Sacré question… vous avez 2 heures !

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Rendez-vous au Salon du Végétal, à Angers
Production sous tension, concurrence européenne écrasante, budget des ménages qui arbitre ailleurs… aucun de ces enjeux ne se résout tout seul, dans son coin. C’est bien pour ça que le Salon du Végétal compte. Il met tout le monde autour de la table, au même moment, avec les mêmes chiffres sous les yeux.
Le 17 septembre, avec Pascal Griot et Michael Moal, nous présenterons les résultats du baromètre mené sur mille personnes. Une pierre ajoutée pour nourrir nos réflexions à tous. Plus que jamais, les solutions se trouveront ensemble ! Alors allons à Angers pour dialoguer… Et en plus ça rime !
Président de Promojardin Promanimal



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