Pincer les jeunes plants de tomates
Pincer les jeunes plants de tomates pour forcer la plante à se ramifier pour doubler, voire tripler, son potentiel de production.
Pourquoi les pincer ?
Cultiver ses propres tomates est sans doute l’un des plus grands plaisirs du jardinier amateur. Cependant, pour obtenir une récolte généreuse et des fruits bien charnus, il ne suffit pas d’arroser et de laisser faire la nature. Parmi les gestes techniques indispensables, le pincement occupe une place de choix. Souvent confondu avec la suppression tardive des « gourmands », le pincement précoce des jeunes plants vise un objectif bien précis : améliorer significativement son potentiel de production.
Découvrez pourquoi cette technique est un véritable booster pour votre potager, et comment la réaliser étape par étape sans stresser vos précieux plants.
Comment pincer ?
Le terme « pincer » peut faire peur, mais il s’agit simplement d’une taille légère effectuée avec l’extrémité des doigts, l’ongle du pouce contre l’index.
À l’état naturel, un plant de tomate a une croissance dite acrotonique ! En clair, c’est la sève qui est envoyée en priorité vers le bourgeon terminal, la tête du plant, pour le faire grimper le plus haut et le plus vite possible. Si on laisse le plant filer ainsi, on obtient une tige unique, très haute, parfois frêle, qui portera ses bouquets de fleurs les uns au-dessus des autres.
En coupant ce bourgeon principal sur un jeune plant, vous provoquez un choc hormonal bénéfique. Privée de sa tête, la plante redistribue immédiatement son énergie et sa sève vers les bourgeons secondaires situés à l’aisselle des feuilles inférieures. Résultat ? Le plant se sépare en deux ou trois tiges vigoureuses.
Pincer les jeunes plants de tomates, les avantages
Vous multipliez les bouquets de fleurs au lieu d’avoir un seul axe de production ! Et évidemment, vous obtenez deux ou trois branches principales, chacune capable de produire ses propres grappes de tomates.
Votre plant est plus trapu et + robuste ! Un plant ramifié est plus bas, possède un centre de gravité plus stable et offre une meilleure résistance face au vent.
Ça permet une gestion optimale de l’espace. C’est une technique idéale pour les cultures sous serre ou sur les balcons, où la hauteur est limitée mais où l’on souhaite maximiser le rendement au mètre carré.
Les variétés de tomates à ramifier
Toutes les tomates ne se prêtent pas au pincement pour la ramification. Il faut distinguer deux types de croissance :
Les variétés à croissance déterminée, les variétés précoces ou naines, s’arrêtent de pousser d’elles-mêmes et forment naturellement un buisson. Ne les pincez pas.
Les variétés à croissance indéterminée qui sont les plus courantes au potager… On pense à Cœur de Bœuf, Marmande, Noire de Crimée… et la plupart des tomates cerises. Elles poussent indéfiniment tant que le climat le permet. Ce sont elles qu’il faut pincer pour les faire ramifier.
Comment pincer correctement ?
Le pincement de ramification s’effectue généralement 3 à 4 semaines après la plantation définitive. C’est lorsque le jeune plant a bien repris et qu’il mesure environ 20 à 30 centimètres de haut. Le plant doit disposer d’au moins 4 à 6 vraies feuilles bien développées.
Observez et inspectez votre jeune plant de bas en haut. Comptez les feuilles principales en partant de la base. Repérez la zone située juste au-dessus de la 4ème ou de la 5ème feuille.
Sélectionnez la tige principale… À l’aide de vos ongles ou d’un petit sécateur préalablement désinfecté à l’alcool pour éviter la transmission de maladies, coupez proprement la tige principale juste au-dessus de la dernière feuille conservée. Éliminez la partie haute, la tête.
Sous 8 à 10 jours, vous verrez de nouvelles petites tiges, appelées des gourmands, pousser très vite à l’aisselle des feuilles restantes. Choisissez les deux plus vigoureuses qui sont généralement les deux plus hautes, situées juste sous la coupe, et laissez-les grandir. Ce seront vos deux nouvelles branches maîtresses.
Adaptez le tuteurage, puisque votre plant a désormais deux têtes ! Le tuteur unique central ne suffira plus. Installez un tuteur en « V » ou deux tuteurs parallèles pour guider et soutenir les deux nouvelles branches à mesure qu’elles se chargeront de fruits.
Pincer les jeunes plants de tomates, erreurs à éviter
Bien que simple, ce geste demande un peu de rigueur pour ne pas affaiblir la plante l
Ne pincez pas par temps humide ! C’est la règle d’or au potager. La blessure créée par le pincement doit cicatriser le plus vite possible. Optez pour une matinée bien ensoleillée. L’air sec aidera la plaie à sécher rapidement, bloquant ainsi l’entrée aux maladies cryptogamiques, comme le mildiou.
Ne pincez pas un plant trop jeune ou chétif. Si le système racinaire n’est pas encore bien installé, le plant peine à développer ses branches secondaires. Attendez qu’il montre des signes de croissance active après le repiquage.
Nourrissez votre plant après la taille. Produire deux fois plus de branches demande de l’énergie. Pensez à faire un apport de compost desséché ou de granulés au pied pour soutenir cette nouvelle explosion végétative.
En prenant le contrôle de la structure de vos plants de tomates dès leur plus jeune âge, vous optimisez votre potager. Vos plants sont certes plus bas, mais plus denses, plus faciles à protéger et, surtout, deux fois plus généreux !
Retrouvez tous nos gestes : https://www.guideconsojardin.com/le-blog-des-jardiniers/geste-jardin/



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